Risques pour bébé d’être devant un écran ou intérêt éducatif des tablettes? Ce que j’ai constaté, m’a convaincu l’usage des écrans doit être restreint. En pratique, quels sont mes observations? Quels sont mes conseils pour l’usage des écrans à destination des enfants ?

L’enfant sans écran vit il dans une bulle ?

Pour ma part, j’ai toujours limité l’accès de bébé à l’écran en général. En effet, j’ai mis en place à la maison la pédagogie Montessori depuis la naissance de ma fille. Cette philosophie de vie fait la part belle aux expériences concrètes, à mille lieux des écrans. (Voir mon article sur les écrans au regard de la pédagogie Montessori).

De plus, j’étais sensibilisée sur une partie de leurs effets néfastes (lumière bleue, hyperactivité, troubles de l’attention, retards d’apprentissages) sans vraiment connaitre leurs mode d’action. Et mon parcours (lectures, expériences de mère et témoignages de professionnels en relation avec des enfants) m’a conforté dans ce choix: bébé et écran c’est incompatible.

On me demande parfois si « je n’ai pas peur que ma fille vive dans une bulle, à l’écart du monde »?

Celui qui vit à l’écart du monde est il celui qui expérimente le concret ou celui qui se perd dans un monde virtuel?

N’oublions pas qu’il est impossible d’échapper aux écrans! Rien qu’en se promenant, nous croisons des panneaux d’affichage vidéo, dans la famille la télé peut être allumée pour un événement sportif, mon mari et moi utilisons (trop!) nos smartphone, ordinateur et tablette pour nos activités professionnelles…. Bref, notre fille sait bien que cela existe!

Depuis qu’elle va à l’école, elle est exposée indirectement aux écrans car ses copains / copines d’école (même si elle est en école Montessori) parlent de dessins animés qu’ils ont vu… Du coup, nous regardons de temps en temps quelques documentaires, dessins animés et vidéos choisies mais avec parcimonie!

N’oublions pas non plus que les smartphones, tablettes et ordinateurs entrent dans la catégorie des écrans. Il nous arrivent donc de regarder des photos que nous avons prises en famille, des vidéos souvenirs… Tout cela rentre aussi dans le calcul de nos temps d’écran! Car même si le contenu n’est pas nocif, la lumière bleue qui s’en dégage n’est pas anodine pour les yeux et le sommeil si on le regarde le soir.

Mes constats sur ma fille et les écrans:

  • Il est plus facile de ne pas exposer du tout son enfant que de lui proposer une séance limitée (15 minutes par exemple) et de couper ensuite. En effet, j’ai quasiment toujours une crise suite à l’arrêt de l’écran. Et ce, même si j’ai indiqué au préalable que l’écran serait coupé à la fin du programme (télévision, vidéo famille sur smartphone…)
  • J’ai aussi remarqué qu’il est plus efficace de limiter la fréquence d’exposition que la durée d’exposition. En effet, même limité à 15 minute par jour; la télévision crée un phénomène d’accoutumance par la routine. J’en ai fait l’expérience avec ma fille.

Dès que la fréquence d’exposition aux écrans augmente, le besoin d’écran augmente aussi.

Par exemple: si on a regardé quelque chose tous les jours ou tous les 2 jours, ma fille me réclame plus facilement une vidéo, un dessin animé. Le lendemain ou surlendemain, quand elle se rend compte que l’on a rien regardé elle va m’en parler. Ce qui n’est pas le cas si on se limite à 1 par semaine.

En utilisant une fréquence plus basse, ma fille oublie de me demander l’écran. Elle a une routine: une fois par semaine et attend ce moment avec plaisir. L’avantage, c’est que c’est une attente d’un moment partagé en famille; qui se fait avec envie mais positivement. Au final, cela m’évite des demandes répétées, angoissées et stressées déclenchées par ce manque d’écran. Comme s’il n’existait plus que ça.

Mes règles pour les enfants et les écrans :

  • Pas d’écran pour bébé – de 3 ans. (directe/indirecte, active/passive voir mon article détaillé sur le risques bébé)
  • A partir de 3 ans, 1 programme 1 fois par mois. (documentaire animalier, situation réelle, vidéos/photos familiales)
  • A partir de 4 ans, 1 fois pas semaine maxi (documentaire ou dessin animé).
  • Maintenant 5 ans, ma fille fait mieux la part des choses entre réel et imaginaire. 1 voir 2 fois par semaine (week-end/vacances) et plus souple sur les histoires imaginaires.
  • Aucun écran le matin avant l’école.
  • Eviter l’écran le soir, arrêt minimum 1 h avant le coucher
  • Zéro écran pendant les repas. Car le repas doit être un moment d’échange en famille. C’est aussi un moment d’apprentissage pour bébé. Sauf exception, où l’on se fait un plateau repas, devant un programme que nous aimons tous.

Mes conseils d’usage des écrans:

  • Choisir un programme adapté: Situations réelles, pas de violence physique ou psychologique ni d’animaux personnifiés. Pour cela j’évite le journal télévisé: anxiogène et images chocs. Et si ma fille me dit que quelque chose lui fait peur, je change immédiatement de programme….
  • Ranger la télécommande. Cela empêchera que l’enfant change de programme. Et l’enfant ne pourra pas allumer seul la télévision.
  • Regarder le programme avec l’enfant. Cela devient un moment partagé en famille et en sécurité (on peut intervenir en cas de problème et contrôler le programme vu).
  • Discuter à posteriori de ce qu’on a vu: qu’as tu compris? qu’as tu aimé ? ce qui t’as fait peur …?

En supprimant les écrans, l’enfant les oublie rapidement.

Il y a parfois des exceptions, lors d’événements ou lieux particuliers par exemple, mais je reviens aussi vite que possible à mes règles de base.

En effet, je vois vite la situation se dégrader: ma fille se met à me réclamer l’écran alors que ce n’était pas le cas avant. Ou alors des cauchemars surviennent si le programme n’était pas adapté. Heureusement, l’inverse est aussi vrai.

Réinvestir le temps sans écran dans d’autres activités:

Personnellement, j’ai peu de temps à accorder aux programmes télé et autres applications de jeux. En effet, l’activité professionnelle, nos loisirs et nos passions nous occupent déjà beaucoup.

Dans le cas ou vous auriez l’impression de ne pas savoir quoi faire et de vous ennuyer avec vos enfants sans écran, voici des pistes:

  • Inscrire l’enfant dans des activités extra scolaires qu’il aura choisit
  • Sortir se promener: vélo, trottinette, parc, forêt…
  • Ramasser des éléments de saison: fleurs, cailloux…
  • Retrouver le plaisir de jouer en famille: jeux de société, jeux éducatifs…
  • Lire des histoires: attention aux comptes traditionnels effrayants, préférer des personnages et situations réelles (Martine…)
  • Proposer des activités créatives: feutres, crayons, coloriages, peinture, feuilles cartonnées, ciseaux… (fabrication de décorations suivant la saison…)
  • Cuisiner en famille: les petits adorent participer et il y a toujours quelques chose à faire suivant l’âge (même observer en écharpe de portage ou transat surélevé).

L’enfant est l’avenir de l’Homme.

Maria Montessori

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    2 replies to "Ecrans: expérience et conseils de maman"

    • Marie Pierre

      Bonjour, ( en presence de mon fils) son pedo-psy me recommande de Laisser mon fils schizophrene-paranoïde s isoler dans sa bulle avec un jeu violent de tir car « cela l’aiderait a ne pas passer a l’acte de violence ». Je suits cidérée ! Mon fils communique de moins en moins et refuse de faire ses devoirs. Cest dur a gerer. Quel conseil me donnez vous ? Merci par advance. Cordialement.

      • nathalie

        Bonjour, je peux imaginer la situation difficile dans laquelle vous êtes. Je ne suis pas médecin il m’est difficile de porter un jugement sur la situation surtout vu la pathologie de votre enfant.

        Personnellement j’aime les choses pratiques: Quand votre enfant joue souvent à ces jeux, est il mieux dans son comportement de tous les jours? A t’il de meilleurs résultats scolaires?Si ce n’est pas le cas c’est qu’a priori les jeux ne lui sont pas bénéfiques. Si c’est l’inverse c’est qu’il faut continuer.

        Dans l’absolu j’aurai tendance à penser que les jeux vidéos à haute dose isolent et crées des comportements potentiellement déviants.
        Avez vous déjà testé tout l’inverse? C’est à Dire une diete d’écran? Voir ce qui se passe, une fois l’effet de manque passé.

        Car oui l’addiction aux jeux vidéos a été reconnu par l’OMS (organisation mondiale de la santé).

        Si vous n’êtes pas à l’aise avec le conseil de votre médecin, vous pouvez peut être en rediscuter avec lui.

        Bien cordialement.

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